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Le régime de la communauté réduite aux acquêts


Voilà un régime adopté par près de 80% des Français.... malgré eux ! En effet, tous ceux qui se sont mariés sans sans contrat de mariage, relèvent par défaut du régime de la communauté réduite aux acquêts.

Fort heureusement, il convient plutôt bien à la plupart des couples. Son principe ? Chaque époux reste propriétaire de ses biens propres ; ce qui est acquis pendant le mariage est en commun.

Régime communautaire basé sur le principe du "on partage tout... ou presque", la communauté réduite aux acquêts distingue trois masses de biens : les biens de Madame, les biens de Monsieur et les biens du couple.

Les biens de propres de chacun des époux

Chaque époux conserve la propriété des biens qu'il a acquis avant le mariage mais aussi de ceux qui lui seront donnés ou dont il héritera pendant le mariage. Mais les revenus (loyers...) provenant de ces biens propres sont des biens communs

Les biens communs

Les biens acquis pendant le mariage par les époux, conjointement ou séparément, (les fameux acquêts) appartiennent à la communauté.

Avantages Inconvénients
  • En cas de dissolution du mariage, chaque époux récupère la moitié de tous les biens acquis au cours du mariage, quelle que soit sa participation. Une femme restée au foyer pour élever les enfants n'est ainsi pas désavantagée.
  • Les biens reçus par héritage ou donation restent la propriété de chaque époux.
  • Un seul des deux époux peut mettre en danger l'économie du ménage, s'il est par exemple engagé dans une entreprise financièrement risquée.
  • En cas de séparation conflictuelle, le partage physique des biens communs peut se révéler difficile.
  • La fiscalité pénalisante si l'un des époux est le salarié de l'autre.

La gestion des biens communs

Chacun des époux peut administrer indépendamment de l'autre les biens communs. C'est le principe de la gestion concurrente. Seule exception à cette règle : les transactions importantes ( immeubles, fonds de commerce, entreprises ou exploitations agricoles) qui réclament l'accord des deux. C'est ce que l'on appelle la co-gestion.

Le sort des dettes

Lorsque une dette a été contractée par un seul des deux époux, elle engage les biens de la communauté et ses biens propres (mais pas ceux du conjoint), sauf lorsqu'elle résulte d'un emprunt ou d'un cautionnement souscrit sans le consentement de l'autre. Les dettes antérieures au mariage ne concernent pas la communauté.

Les gains et salaires

Les gains et salaires de chaque époux ne peuvent être saisis par le créancier de l'autre, sauf s'il s'agit de dettes relatives aux dépenses d'entretien du ménage ou d'éducation des enfants. Ce sont des biens communs, mais dont chacun des époux peut disposer, après s'être acquitté des charges du ménage.

Le logement familial

Même s'il appartient à un seul des époux, celui-ci ne peut disposer sans le consentement de l'autre du logement de la famille.

La dissolution du mariage

En cas de divorce, de séparation de corps ou du décès de l'un des époux, chacun récupère ses biens propres (ceux qu'il possédait avant le mariage ou dont il a hérité depuis) et la moitié des biens communs. Cependant, il peut y avoir ce que 'on appelle récompenses si l'une des masses de biens propres ou communs a contribué à enrichir l'autre. Par exemple, si l'un des époux hérite d'une somme d'argent qu'il investit dans un appartement et que ses salaires servent à rembourser un crédit pour le reste de ce logement, la communauté aura droit à récompense si en définitive le bien est un bien propre.

Bon à savoir

La loi Dutreil du 2 août 2003 prévoit l'obligation pour un commerçant ou un artisan, marié sous le régime de la communauté légale ou universelle, d'apporter la preuve lors de sa demande d'immatriculation au registre du commerce et des sociétés ou au répertoire des métiers, que son conjoint a été informé des conséquences sur les biens communs des dettes contractées au titre de son activité indépendante. Une attestation sur l'honneur du conjoint permettra de justifier le respect de cette obligation.

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