"Je désirais découvrir un pays différent de l'Angleterre ou
des Etats-Unis. Comme j'apprenais le japonais depuis deux ans, j'ai sauté
sur l'occasion". En seconde année de Sciences po à Aix-en-Provence, Mathieu
décide, grâce au programme d'échanges de son établissement avec l'université
de Meiji Gakuin à Tokyo, de s'envoler pour l'empire du Soleil levant. A son
retour en France pour suivre sa troisième année, il n'a qu'une seule envie
: repartir. Une fois son diplôme en poche, il profitera encore d'un programme
d'échanges de sa fac pour aller étudier un an à Otaru.
Comment as-tu organisé ton voyage ?
"L'université
s'est occupée de toutes les formalités administratives. Financièrement, ces
échanges sont très intéressants. Les frais universitaires d'une année au Japon
sont d'environ 7 000 € ! C'est pourquoi il y a aussi peu
d'étudiants étrangers. Avec l'IEP, je n'ai payé que 460 €.
Le gouvernement japonais fait cependant des efforts pour attirer les jeunes.
Notamment avec les bourses, nombreuses et faciles à obtenir. J'ai bénéficié
d'une aide de l'AIEJ (Association of International Education of Japan) de
80 000 yens par mois (760 €) qui couvrait pratiquement
toutes mes dépenses".
Comment se déroulaient les cours ?
"J'ai
intégré une classe réservée aux étudiants étrangers. Nous avions beaucoup
d'échanges avec nos professeurs, alors qu'en général les cours au Japon sont
très théoriques. Les profs lisent et les étudiants prennent des notes. Sur
quinze heures de cours hebdomadaires, j'avais sept heures de japonais. C'était
intensif. Les autres matières étaient dispensées en anglais. Mais il n'y a
aucune équivalence avec les diplômes français. A mon retour en France, j'ai
intégré ma troisième année de Sciences po comme si je n'étais pas parti. Une
fiche répertoriant mes notes obtenues au Japon m'a permis tout de même de
ne pas passer certaines épreuves."
Le rythme de travail est-il intense ?
"J'ai
été très étonné car les étudiants japonais sont décontractés. Toutes les universités
japonaises fonctionnent par concours d'entrée, à l'exemple de nos grandes
écoles de commerce ou d'ingénieurs. Les étudiants travaillent donc comme des
forcenés au lycée pour intégrer les meilleures facs. Une fois admis, ils sont
quasiment assurés d'obtenir leur diplôme. Du coup, ils ne travaillent plus
: ils ont des petits jobs, participent à des associations ou courent les boîtes
de nuit !"
As-tu rencontré des difficultés avec
la langue ?
"Pour intégrer une université, une des conditions est d'avoir
suivi au minimum un an de japonais. J'avais deux années de cours derrière
moi, mais j'ai quand même eu l'impression de repartir de zéro. Il a été difficile
de s'adapter à la rapidité d'expression des profs. Aujourd'hui, après deux
séjours, je le parle couramment. Par contre, je suis incapable de lire un
journal. Il y a trente mille signes (les kanjis) dans la langue japonaise.
En connaître trois mille est nécessaire pour lire et je n'en maîtrise qu'un
millier. C'était épuisant de toujours prendre le dictionnaire, alors j'ai
abandonné l'idée de lire et d'écrire !"
| SES
RECETTES : |
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SES
DEPENSES : |
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Bourse de l'AEIJ : 760 €/mois.
Job : 300 €/mois. |
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Loyer : 380 €/mois.
Nourriture : 380 €/mois.
Sorties : 230 €/mois. |