La colocation ? une question de culture


L'analyse de Vincent Dupy, président de l'Adele (Association pour le développement économique du logement étudiant).

"La colocation a davantage d'impact au niveau européen, dans des pays comme la Grande-Bretagne ou l'Espagne. Le jeune est moins individualiste et l'offre se met en quatre pour répondre à ce besoin de regroupement. C'est une question de culture".

En France, c'est une nouvelle tendance mais à peine une réalité économique. "Elle ne concerne qu'un petit nombre d'étudiants... 3 à 4% qui fréquentent en majorité les écoles, plus enclines à travailler l'esprit d'équipe !"

L'étudiant français est plutôt du genre à rester seul chez lui. "A l'Adele, ce sont les studios qui l'emportent ! Même les résidences ont découpé leurs habitations version "une personne". Les offres de colocation se trouvent essentiellement dans le parc des particuliers, c'est-à-dire dans des immeubles pas forcément conçus pour ça. Les propriétaires, quant à eux, préfèrent l'éviter". Quelle garantie a-t-on de récupérer la part du loyer d'un colocataire déserteur ? Même si le système de caution existe, mieux vaut limiter les risques. Vive le locataire unique avec sa caution à portée de main...

"Petit phénomène, mais marché réel, tout de même ! La colocation offre des solutions aux personnes qui n'aiment pas vivre seules et qui veulent faire de vraies économies. C'est mathématique, le m2 des grandes surfaces coûtent moins cher que celui des petites". Le partage des charges, des meubles et des frais quotidiens peuvent soulager aussi le porte-monnaie. Mais attention, les quelques centaines d'euros mis de côté ne valent pas toujours une colocation désastreuse. Et il paraît que ça arrive ! A chacun de savoir, s'il résistera aux exigences de la vie à plusieurs...

* L'ADELE édite le guide pratique du "Logement Etudiant", vendu sur son site, www.adele.org.