Ils étudient en Europe

Interview d'une étudiante à Madrid


Interview d'une étudiante qui fait ses études à Madrid : impressions, bons plans et dépenses.

 

Laure Jacqueninet, 21 ans, étudiante à Dauphine,  a préparé sa licence à l'université Autonoma de Madrid, avant de poursuivre en gestion à Paris 9.
 

"Après ma naissance, mon père a travaillé six ans en Italie, puis quatre ans en Espagne, à Madrid. Depuis mon retour en France, j'avais hâte d'y retourner et de renouer avec mon passé. Une fois mes deux premières années d'économie en poche, j'ai profité du programme d'échange Erasmus pour redécouvrir la ville en adulte"...

A-t-il été difficile d'organiser ton départ ?

"Pour l'inscription, le service des relations internationales de ma fac m'a beaucoup aidée. De plus, grâce à lui, j'ai pu trouver une chambre en résidence universitaire sur un campus très moderne avec piscine, tennis, gymnase, chambre individuelle, salle de télé... Mon immersion était totale, car j'étais la seule étrangère parmi une quarantaine d'Espagnols. Ensuite, pour mon stage de fin d'année, j'ai choisi d'habiter dans le centre de Madrid. Grâce à la Segunda Mano, le journal madrilène de petites annonces, j'ai pu trouver en deux jours un logement très abordable en colocation."

Que penses-tu de l'enseignement espagnol ?

"Le système universitaire est plus cool qu'à Dauphine, avec seulement vingt heures de cours par semaine. En début d'année, tu dois décider de suivre les cours soit le matin, soit l'après-midi. Toutes les matières sont regroupées et, à la différence des emplois du temps français, je n'avais aucun trou dans mon planning. J'allais en cours le matin, et l'après-midi je pouvais travailler dans les centres de recherche ou les bibliothèques de l'université. Mais attention, en Espagne, il n'y a aucun contrôle de présence, alors on peut facilement se laisser aller à moins travailler."

As-tu rencontré des difficultés pour la langue ?

"Tout étudiant qui part dans un pays étranger a besoin au minimum d'un mois d'adaptation pour suivre les cours et parvenir à prendre des notes convenablement. Heureusement, les premières semaines, les étudiants espagnols me prêtaient facilement leurs cours pour que je puisse les photocopier et ne pas prendre de retard. Dans chaque matière, les professeurs proposent des "horas de tutoria". Ce sont des cours de soutien qui m'ont aidée, à mon arrivée, à mieux comprendre certains enseignements. De plus, dans ce pays, tu as des relations très amicales avec les profs : tu peux les tutoyer, les appeler par leur prénom... Ils sont plus accessibles qu'en France, et, du coup, tu n'hésites pas à leur demander conseil."

De quelle façon occupais-tu ton temps libre ?

"Au sein de ma fac d'accueil, le bureau de l'association Erasmus proposait un grand nombre d'animations pour les étudiants étrangers de toutes sortes : des activités sportives, des visites de musées, des soirées, des voyages... J'ai fait beaucoup de danse jazz dans une association. Je suis également partie à la découverte des autres grandes villes espagnoles, telles que Séville, Barcelone, Tolède, Grenade... J'ai réalisé tous ces voyages en bus ! En Espagne, les réseaux de cars sont très développés et peu onéreux par rapport aux trains qui sont chers et lents. En plus, les auberges de jeunesse et les hôtels sont accueillants et bon marché. Il faut en profiter !"

Madrid est-elle une ville festive ?

"La tentation de sortir est permanente. Madrid est une ville magique : tous les soirs, les gens envahissent les rues et se retrouvent dans les bars et les restaurants du quartier de La Puerta del Sol. Je sortais tous les week-ends. Les horaires en Espagne étant décalés, je dînais vers 22h, puis comme l'ambiance était très conviviale, je retrouvais ensuite d'autres étudiants, autour d'une place ou dans un parc, pour boire un verre avant de terminer la nuit en discothèque. Le plus souvent, on atterrissait au Capital, une immense boîte de sept étages qui est un des endroits les plus branchés de la ville. En Espagne, le verre d'alcool coûte seulement 3 €. Résultat, tu peux facilement déraper. Avec les cours du matin, si tu ne veux pas rater ton année d'études et ton diplôme, il vaut mieux te contenter de faire la bringue le week-end."


                         
SES RECETTES : SES DEPENSES :
Bourse Erasmus :
155 € par mois.
                                 Aide parentale :
610 € par mois.
Loyer de sa chambre en cité U :
385 € par mois.
Loisirs : 310 € par mois.
Frais scolaires : 35 € par mois.